Regards croisés d’étudiants sur l’engagement militant à Amnesty International

Dans le cadre des activités de promotion des droits humains au sein des universités et instituts, Amnesty International Sénégal organise des Journées Portes Ouvertes permettant au grand public d’avoir une interaction directe avec l’organisation. Ce format, dénommé Face 2 Face permet à chaque personne de poser des questions sur le fonctionnement du mouvement, ses actions, ses moyens d’intervention et l’occasion d’y participer.

A la fin de la première édition qui s’est tenue à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis, nous avons donné la parole à deux étudiants ayant pris part à l’activité. Mouhamadou Rassoul TOURE et Marème NDIAYE.

Entretien croisé

Qui est-ce qui vous a motivé à participer au face to face ?

Rassoul – C’est avant tout mon intérêt pour les droits humains et l’envie de mieux connaître le travail d’Amnesty International sur le terrain. J’ai aussi été motivé par l’opportunité de m’impliquer activement dans une cause concrète, en lien avec mes valeurs.

Marème – Ce qui m’a motivée, c’est d’abord mon rôle de présidente de la commission organisation du club OHADA et au-delà, ma propre volonté de m’engager activement pour une cause qui me tient à cœur : la défense des droits humains. Je voulais aller au-delà des discours, rencontrer des gens, échanger, sensibiliser et surtout contribuer à faire connaître une organisation qui agit concrètement pour la justice et la dignité humaine. Il y avait également,l’intervention de M. Diagne qui a renforcé mon envie de m’engager pleinement. Il nous a très bien expliqué les valeurs fondamentales d’Amnesty International. Je me suis dit : « Si je peux contribuer, même à petite échelle, alors je dois le faire. »

Quelle expérience en avez-vous tirée ?

Rassoul – Une expérience très enrichissante. Cette séance de face à face m’a permis d’aiguiser mes compétences en communication et d’aller à la rencontre d’étudiants aux profils variés. J’ai aussi pris conscience de l’importance de la pédagogie quand on parle de droits humains à un public parfois peu informé.

Marème – Cette journée a été très enrichissante pour moi, à tous les niveaux. Elle m’a appris énormément, non seulement sur mes propres capacités, mais aussi sur les autres. J’ai découvert que beaucoup d’étudiants veulent réellement changer les choses, s’engager, défendre des causes justes mais qu’il leur manquait simplement un cadre, une structure comme Amnesty pour canaliser leur volonté d’agir. J’ai compris qu’il ne suffit pas d’avoir la motivation, encore faut-il avoir les moyens et les espaces pour s’exprimer et Amnesty était la structure parfaite. Et personnellement, elle m’a permis de sortir de ma zone de confort et de prendre conscience de mes capacités. Ce n’était pas évident de jongler entre l’organisation de l’événement et les échanges avec les étudiants, mais j’ai réussi à rester à l’écoute, à comprendre les préoccupations de chacun et à transmettre les valeurs d’Amnesty. J’ai appris que l’engagement, ce n’est pas seulement agir dans l’ombre, c’est aussi être sur le terrain, au contact des gens, et savoir les inspirer. C’est une expérience qui m’a rendue plus forte, plus confiante, et qui m’a prouvé que je pouvais assumer plusieurs responsabilités tout en restant fidèle à mes convictions.

Quelle appréhension les étudiants approchés ont d’Amnesty ?

Rassoul – Beaucoup ont une image assez floue d’Amnesty International. Certains pensent que c’est une ONG « pour les juristes », d’autres la perçoivent comme trop distante des réalités locales. Mais globalement, il y avait de la curiosité et un respect sincère pour les combats menés.

Marème – Certains étudiants avaient des idées reçues sur Amnesty. Beaucoup associaient automatiquement l’organisation à la défense des droits des personnes LGBT, pensant à tort que c’était son seul combat ce qui suscitait parfois des réticences. D’autres voyaient l’organisation comme quelque chose de trop « grand » ou éloigné de leur quotidien croyant qu’elle était réservée à une élite de juristes ou de militants expérimentés. Ces échanges ont été l’occasion de déconstruire ces préjugés, d’expliquer qu’Amnesty défend tous les droits humains, sans distinction, que ce soit la liberté d’expression, les droits des femmes, la lutte contre la torture, ou encore l’accès à la justice. Et surtout, qu’il n’y a pas de profil “idéal” pour s’engager : chaque voix compte.

Qu’est-ce qui les a motivés à nous rejoindre ?

Rassoul – Ce qui les a le plus motivés, c’est l’idée de s’engager pour une cause juste et universelle ainsi que la possibilité d’agir concrètement à leur niveau. Le discours inclusif, la transparence sur les missions d’Amnesty, et l’enthousiasme de l’équipe ont clairement joué un rôle.

Marème – Ce qui a vraiment motivé les étudiants, c’est d’abord l’action forte et symbolique qu’on a menée en solidarité avec la Palestine. Beaucoup se sont sentis interpellés et ont voulu en savoir plus. Ensuite, ils ont été convaincus par l’énergie positive qui se dégageait de notre équipe, par la clarté de nos messages et par la passion avec laquelle on leur a parlé. Ils ont compris qu’ils pouvaient, eux aussi, faire partie de ce combat, qu’il ne faut pas être expert pour agir, mais juste être sincère et engagé. Et je pense aussi que ce sentiment d’appartenance à une cause universelle et à un mouvement mondial pour la justice a vraiment fait la différence et leur a donné envie de s’impliquer à leur tour.