Dialogue communautaire sur la prévention des violences basées sur le genre et la prise en charge des victimes

La Commission femmes d’Amnesty international Sénégal a organisé le mercredi 10 décembre 2025 au niveau de la commune de Pikine Nord, un dialogue communautaire sur les violences basées sur le genre. Ce dialogue communautaire s’inscrit dans le cadre de la clôture de la campagne des 16jours d’activisme contre les violences faites aux femmes.

Cette activité a réuni environ 300 participants représentant des organisations de défense des droits des femmes au niveau locale, des sages-femmes, des magistrats, des agents de la municipalité, des délégués de quartier, des badienes gokh et des ndéyous daaras. Le dialogue a permis de créer un espace d’échange entre autorités locales et leaders communautaires pour renforcer la compréhension des normes juridiques et sociales qui alimentent les violences faites aux femmes tout en favorisant des pratiques protectrices des droits des femmes.

Les intervenants ont tour à tour livré des contributions pertinentes ainsi que des témoignages poignants sur les violences subies par les femmes et les jeunes filles, tout en sensibilisant les porteurs de voix sur les procédures judiciaires aménagées pour la prise en charge des victimes de violences. ainsi que sur la place de la femme dans la religion musulmane      .

Selon Imam Moustapha WELE a axé sa communication sur la place de la femme dans la religion musulmane. De ces propos, l’on peut retenir que l’islam accorde une place particulière à la femme. Il l’honore, la protège et défend ses droits en interdisant toute injustice ou hostilité à son égard. Un principe qui s’avère en totale inadéquation avec certaines normes sociales légitimant par exemple la violence au sein du couple

La magistrate Aissétou Kante a pour sa part rappelé que les violences faites aux femmes constituent l’un des formes d’atteintes aux droits humains les plus répandues au monde. Elles se manifestent dans divers espaces notamment au sein des familles, entre voisines mais aussi dans les relations professeurs – élèves. Ces violences constituent une expérience profondément deshumanisante pour la victime et laissent des séquelles physiques et psychologiques durables. D’où la nécessité d’encourager la dénonciation des abus au sein des communautés afin de faciliter les procédures judiciaires grâce aux témoignages clairs et la fourniture d’informations factuelles.

Les échanges ont permis de mettre en exergue l’ampleur des violences faites aux femmes et la nécessité de banir la non-dénonciation de la violence ainsi que les pratiques sociales préjudiciables à la femme. Les participant.e.s ont également convenu de poursuivre les échanges au sein de leurs groupes respectifs afin de faciliter l’appropriation des textes juridiques relatifs aux droits des femmes par les populations.