Depuis mon plus jeune âge, j’ai ressenti une profonde révolte face à l’injustice. Mais d’où vient cette indignation ? Peut-être de cette scène gravée dans ma mémoire : un jour, alors que j’étais encore enfant, j’ai vu une voisine injustement arrêtée et malmenée par les forces de l’ordre. Son seul tort ? Avoir osé réclamer son dû auprès d’un fonctionnaire corrompu, son ex-mari. Ce sentiment d’impuissance m’a marqué à jamais, me donnant très tôt la certitude qu’il fallait agir.
D’abord, j’ai tenté de faire entendre ma voix seul, à travers mes mots et mes écrits. Mais bien souvent, cette solitude me laissait démuni. Cette impuissance, je l’ai traînée jusqu’à l’université.
De la révolte personnelle à l’action collective
Un jour, alors que je traversais la cour de la prestigieuse Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’UCAD, mon regard s’est arrêté sur un groupe d’étudiants rassemblés autour d’une pétition. Leur objectif ? Réclamer justice pour Bassirou Faye. Bassirou était un étudiant en 1e année de Mathématiques-Physique (MPI) inscrit à la Faculté des Sciences et Techniques de l’UCAD. Le jeudi 14 Août 2014, alors que les étudiants manifestaient pour réclamer leurs dix mois d’arriérés de bourse, il a reçu une balle létale dans la tête tirée par la police. La répression brutale de cette époque avait traumatisé toute une génération. À l’université, Bassirou était devenu un symbole, son nom résonnant dans chaque amphithéâtre et dans chaque discussion engagée sur l’avenir des étudiants et, plus largement, des jeunes Sénégalais.
Face à cette mobilisation, j’ai compris que mon indignation pouvait se transformer en action. C’est ainsi que j’ai découvert Amnesty International Sénégal.
Amnesty International, un cadre d’action et d’apprentissage
Ce moment a marqué un tournant décisif dans mon engagement social. Depuis 2018, je milite pour les droits humains au sein d’Amnesty International Sénégal, trouvant enfin un cadre où ma colère pouvait devenir un moteur de changement. Rejoindre cette organisation, la plus ancienne et la plus influente défenseure des droits humains du pays, c’était intégrer une communauté de plus de 50 000 personnes déterminées à lutter contre l’injustice.
Mais Amnesty n’a pas seulement été un espace d’engagement ; elle a aussi été mon premier terrain d’expérience professionnelle. En tant que militant, j’ai participé à plusieurs campagnes du Marathon des Lettres. Avec mes camarades, nous avons collecté des pétitions pour exiger justice pour Fallou Sène, tué lors des manifestations étudiantes en mai 2018 à l’UGB, ou encore pour la restitution des terres de Ndingueler à leurs habitants.
J’ai également contribué à l’organisation de la grande marche qui a conduit à la libération de Pape Alé Niang et d’autres détenus politiques en 2023. Amnesty, c’est aussi l’éducation aux droits humains : nous animons régulièrement des ateliers de sensibilisation sur les franchises universitaires et sur l’état civil.
Un engagement formateur et inspirant
Grâce à mon engagement, j’ai eu l’opportunité de suivre des formations de haut niveau. Sur recommandation d’Amnesty, j’ai intégré en 2023 le Programme de Leadership Politique de la Fondation Friedrich Ebert Stiftung, puis plus récemment l’Académie Libérale de Formation Politique de la Fondation Friedrich Naumann. Ces expériences m’ont permis d’affiner ma compréhension des enjeux politiques et de renforcer mon impact en tant que jeune leader.
Mais au-delà des apprentissages, Amnesty m’a offert un réseau de militants engagés à travers le Sénégal, l’Afrique et le monde. Ces rencontres m’ont enrichi, inspiré et renforcé ma conviction qu’ensemble, nous pouvons faire bouger les lignes.
Les défis du militantisme à Amnesty International
S’engager pour la justice n’est pas un long fleuve tranquille. Il y a des moments de fatigue, de doute, voire de découragement. Certaines batailles durent des années sans résultat immédiat. Par exemple, depuis 2022, nous nous battons aux côtés des populations de Ndingler pour la restitution de leurs terres, sans véritable succès.
Parfois, des camarades militants sont arrêtés. Parfois, des victimes d’injustice restent en prison malgré nos efforts. C’est difficile. Mais la force d’Amnesty, la force du militant, réside dans l’engagement sur le long terme. On apprend à ne pas baisser les bras, à se battre jusqu’au bout. On lutte pour des principes.
Et puis, il y a ces moments de victoire, ceux qui redonnent espoir. Des moments où l’on revoit le sourire d’un détenu enfin libéré, les larmes de joie d’une famille réunie après des semaines, des mois ou des années de séparation injuste. Comme ce fut le cas de Pape Alé Niang, grand défenseur de la liberté de la presse, dont la libération a été l’aboutissement d’une mobilisation sans relâche. C’est dans ces instants que je puise ma plus grande motivation.
Un combat qui continue
L’histoire de Bassirou Faye, Fallou Sène, Pape Alé Niang, des habitants de Ndingueler et tant d’autres nous rappelle une chose fondamentale : tant que l’injustice existe, notre combat ne peut s’arrêter.
Aujourd’hui, c’est à vous d’agir. Engagez-vous dès maintenant en effectuant l’une des actions ci-dessous
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