Le rapport sur la situation des défenseurs des droits humains au Sénégal débattu à Banjul

La coalition Sénégalaise des Défenseurs des Droits humains (COSEDDH) a procédé au second lancement du rapport sur la situation des droits humains au Sénégal lors du forum des ONG qui s’est tenu à Banjul du 17 au 19 octobre 2025. Cet activité s’est déroulée en marge d’un panel organisé par la COSEDDH sur les défis majeurs liés à la protection des défenseurs des droits humains en Afrique.

La session qui a duré une heure a permis à nos panélistes de revenir sur les principales constats, les recommandations et les prochaines étapes. Le dialogue entre défenseur.e.s des droits humains, représentants de gouvernement, d’institutions de formation et d’entités gouvernementales a pu avoir lieu grâce à la contribution remarquée de M. Remy Ngoy LUMBU, président de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, de Mme Hannah FORSTER, Directrice du Centre africain pour la démocratie et les droits de l’homme, de M. Seydi GASSAMA, directeur d’Amnesty International Sénégal et Président de la Coalition sénégalaise des défenseurs des droits humains et de M. Sadikh NIASSE, expert en droits humains et Vice-président de la Coalition sénégalaise des défenseurs des droits humains.

L’une des recommandations phares du rapport “Défenseurs des droits humains en état de précarité” est l’adoption par le Sénégal d’une loi de protection des défenseurs des droits humains à l’instar du Burkina Faso (2017), de la Côte d’Ivoire (2014), du Mali (2018) ou de la République Centrafricaine (2025). Noter que les législations de ces pays ont puisé leur inspiration dans la Déclaration des Nations Unies sur les défenseurs des droits de l’homme.

Le 09 décembre 1998, en marge des Etats généraux sur les défenseurs des droits de l’homme et à l’occasion de la célébration du cinquantenaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme. Instrument juridique non contraignant, la Déclaration énonce cependant des principes et des droits fondés sur des normes juridiquement contraignantes.

En 2000, sur demande de la Commission des droits de l’homme, le Secrétaire général des Nations Unies a créé le mandat pour les défenseurs des droits de l’homme en vue d’un meilleur suivi de la mise en œuvre de la Déclaration et ses mécanismes et a désigné madame Hina Jilani, première Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l’homme.

Dans le préambule de la Déclaration annexée à la résolution 53/44 du 08 mars 1999, l’Assemblée générale des Nations Unies a reconnu le rôle important que joue la coopération internationale et la précieuse contribution qu’apportent les individus, agissant seuls ou en association à l’élimination effective de toutes les violations des droits de l’homme et des libertés fondamentales des peuples et des personnes, notamment des violations massives, flagrantes ou systématiques des droits de l’Homme. Cette contribution pourrait être plus importante si les Défenseurs des droits de l’homme de tous les pays étaient juridiquement protégés par leur droit national.

Par la suite, plusieurs autres initiatives régionales complémentaires à la Déclaration se sont attachées à accompagner et compléter le mécanisme de protection des défenseurs des droits de l’homme des Nations Unies. Parmi ces initiatives nous citons celle de la Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples qui, lors de sa 50ème session ordinaire qui s’est tenue du 24 octobre au 5 novembre 2011, à Banjul (Gambie) a rappelé les obligations des Etats Paries à la Charte africaine des Droits de l’Homme leur l’obligation de garantir la sécurité des personnes vivant dans leur propre pays, ainsi que les libertés de réunion, d’association et d’expression des défenseurs des droits de l’homme.