Dans le cadre du projet « Autonomiser les communautés pour lutter contre les violences basées sur le genre », Amnesty International Sénégal organise des causeries dans les établissements scolaires des régions de Tambacounda, Kédougou, Kolda, Sédhiou et Ziguinchor.
Animées après les sessions de formation des élèves dans des communautés comme Djibanar, Mpack, Broufaye Diola, Samécanta, Kéréwane, Gabou, Dindefelo, Bona, Diacounda, Koussanar ou Marsassoum, ces causeries permettent d’aborder avec les jeunes les violences basées sur le genre, les droits de l’enfant et la protection, dans un cadre adapté à leur âge.
Un espace où les enfants osent se confier
Les causeries offrent un climat de confiance qui encourage les enfants et les adolescent-es à s’exprimer librement sur des situations qu’ils vivent ou observent autour d’eux : les violences basées sur le genre, les mariages et les grossesses précoces, ou les difficultés vécues loin de leur famille. C’est souvent dans ce cadre informel, plus que lors des formations classiques en salle, que des cas concrets et personnels remontent aux animateurs et animatrices. Les échanges portent aussi sur les grossesses précoces – l’un des problèmes les plus récurrents identifiés au sein des communautés – ainsi que sur les droits humains fondamentaux.
Une activité déployée à grande échelle
Ces rencontres permettent de sensibiliser un maximum d’élèves aux thématiques du projet et leur offrent un espace pour partager des informations sur les violences dans leur environnement immédiat. Elles sont organisées de manière répétée dans chaque communauté (souvent 2 à 3 séances par lieu) afin d’assurer un suivi dans le temps plutôt qu’une intervention ponctuelle.
Au cours de la période Février-juin 2026, cinquante-neuf (59) causeries organisées dans plusieurs communautés (Djibanar, Mpack, Broufaye Diola, Samécanta, Kéréwane, Gabou, Dindefelo, Sibandi Brassou, Bona, Diacounda, Tabadian Dialico, Koussanar, Marsassoum, Diaobé et Saré Téning) ont permis de sensibiliser deux mille neuf cent quarante-deux (2 942) élèves sur les violences basées sur le genre, les droits de l’enfant, les grossesses précoces et les droits humains.
Les causeries permettent aux jeunes et aux enfants de se confier sur des situations dont ils sont témoins ou victimes. Par exemple, lors d’une séance dans un lycée du département de Tambacounda, des élèves ont révélé être harcelées par les tuteurs ou tutrices chez qui elles sont placées pour poursuivre leurs études secondaires en zone urbaine, ces derniers exigeant plus d’argent pour leur prise en charge. Cette situation accroît leur vulnérabilité et a conduit les partenaires à recommander l’utilisation des émissions radiophoniques pour mieux protéger les élèves placé-es dans des familles d’accueil.
Pourquoi ces causeries sont-elles utiles ?
- Elles permettent de détecter précocement des cas de violence, d’exploitation ou de maltraitance vécus par les enfants.
- Elles renforcent chez les élèves la connaissance de leurs droits et des recours possibles.
- Elles créent un relais entre l’école, la famille et les structures de protection de l’enfance.
- Elles offrent un cadre plus libre et informel que les formations classiques, propice aux confidences.
- Elles contribuent à faire évoluer durablement les comportements des jeunes générations sur les questions de genr


