Les 2 et 3 juillet 2026, Amnesty International Sénégal a organisé à Kaffrine un forum de formation et de sensibilisation consacré à la gestion foncière. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de son programme de promotion de l’accès équitable à la terre et à la sécurité foncière en milieu rural et urbain.
Réunissant les chefs de village, les maires, les présidents de commissions domaniales ainsi que les autorités administratives et judiciaires des arrondissements de Katakel et de Gniby, le forum avait pour objectif de renforcer les connaissances des acteurs locaux afin de prévenir les conflits fonciers et de promouvoir une gouvernance conforme aux droits humains.
À l’ouverture des travaux, les autorités, notamment le sous-préfet de Gniby, ont salué une initiative qui répond à une préoccupation majeure des populations. Elles ont rappelé que les conflits fonciers ne peuvent être durablement résolus que par la maîtrise des règles juridiques, le dialogue et la concertation entre les différents acteurs.
Le Directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a, pour sa part, souligné que l’accès équitable à la terre constitue une condition essentielle à la réalisation des droits humains. Face à une pression foncière croissante, Seydi Gassama a insisté sur la nécessité de gérer cette ressource limitée avec responsabilité, transparence et équité.
Au cours des deux journées, plusieurs experts ont animé des communications portant sur les principaux enjeux de la gouvernance foncière. C’est ainsi qu’on a noté la contribution du Président du Tribunal de Grande Instance de Kaffrine et les représentants du Cadastre, de l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (ANAT), du Projet de cadastre et de sécurisation foncière (PROCASEF), du Service des Eaux et Forêts, du Conseil départemental et des collectivités territoriales. Les participants ont été sensibilisés aux procédures d’acquisition et d’immatriculation des terres du domaine national, aux défis de la planification territoriale, à la gestion des forêts classées ainsi qu’au rôle des institutions judiciaires dans le règlement des conflits fonciers.
Les échanges ont permis d’aborder de nombreuses préoccupations exprimées par les participants, notamment la délimitation des territoires communaux, les conflits entre agriculteurs et éleveurs, la matérialisation des couloirs de transhumance, la gestion des terres du domaine national, les limites des forêts classées, les procédures de lotissement et les difficultés rencontrées dans certaines zones frontalières.
Les experts ont rappelé plusieurs principes fondamentaux :
- les terres du domaine national ne peuvent être vendues ni louées en dehors du cadre prévu par la loi ;
- leur gestion doit respecter les procédures d’affectation établies ;
- la concertation demeure le premier mécanisme de prévention des conflits ;
- la matérialisation des espaces pastoraux et la vulgarisation des plans d’occupation des sols constituent des leviers essentiels pour réduire les litiges.
Les autorités administratives ont, de leur côté, insisté sur le rôle central des chefs de village dans la gouvernance foncière et plaidé pour le renforcement de leurs capacités afin qu’ils puissent pleinement exercer leurs missions de médiation et d’accompagnement des communautés.
À travers ce forum, Amnesty International Sénégal réaffirme son engagement en faveur d’une gouvernance foncière respectueuse des droits humains. En renforçant les connaissances des acteurs locaux et en favorisant le dialogue entre les institutions et les communautés, l’organisation contribue à prévenir les conflits, à promouvoir la sécurité foncière et à garantir un accès plus équitable à la terre pour toutes et tous.


