Categories

Accueil > Actualité > Yaya Jammeh aux forces de sécurité gambiennes : tirer d’abord et poser des (...)

Yaya Jammeh aux forces de sécurité gambiennes : tirer d’abord et poser des questions après ! !

23 juillet 2012
El hadj Abdoulaye Seck

Cet activiste purgeant une peine de travaux forcés à perpétuité pour l’impression et la distribution de t-shirts appelant à la fin de la dictature en Gambie doit être libéré, a déclaré Amnesty International à l’occasion de la journée annuelle d’action plaidant pour l’amélioration des droits de l’homme dans le pays.

Le Dr Amadou Janneh Scattred, ancien ministre gambien de l’Information et de la Communication, a été arrêté en juin 2011 après l’impression et la distribution de t-shirts réalisés par l’ONG « Coalition pour le changement » qui arborait le slogan « En finir maintenant avec la dictature ». Il fut déclaré coupable de trahison en janvier 2012.

Chaque année, en Gambie, des journalistes, des militants des droits humains et des opposants politiques sont illégalement arrêtés, torturés, harcelés et menacés, rendant impossible leur travail.
L’éventualité d’un procès équitable pour la plupart d’entre eux est très improbable.

"Le Dr Janneh est un prisonnier d’opinion et est emblématique de la situation catastrophique des droits de l’homme qui prévaut, aujourd’hui en Gambie », a déclaré Ayodele Ameen, chargé de campagne d’Amnesty International sur la Gambie. "Le président Yahya Jammeh continue à montrer une attitude de tolérance zéro à toute forme de critique et persécute impitoyablement tous ceux qui parlent."

Le mépris flagrant des droits de l’homme en Gambie se poursuit comme en début d’année lorsque le Président Jammeh a donné des instructions aux forces de sécurité, y compris l’Inspecteur général de la police, pour « tirer d’abord et poser des questions ensuite » dans une tentative de débarrasser le pays des "bandits armés".

Amnesty International a averti qu’une répression d’une telle sévérité de la criminalité conduirait à de nouvelles violations des droits humains. "La police ainsi que les autres forces de sécurité ont le devoir de protéger les vies et les biens et de faire respecter la primauté du droit. Ils se doivent de le faire d’une manière professionnelle et responsable qui favorise et protège les droits humains de tous les individus, y compris les droits des criminels présumés ou reconnus comme tels par la justice », a déclaré Ameen.

Amnesty International a recensé un large éventail de violations des droits humains en Gambie y compris des disparitions forcées qui restent à résoudre ainsi que des exécutions extrajudiciaires par des forces de sécurité qui n’ont été ni identifiées, ni traduites en justice.
"La situation désastreuse des droits humains en Gambie et la restriction des libertés d’expression et de réunion rend l’auto-proclamée « Journée de la liberté du président Jammeh " risible ", selon Ameen.

"La Gambie doit cesser de se moquer de ses obligations régionales et internationales relatives aux droits de l’homme et à garantir que les droits de l’homme de toutes les personnes dans le pays soient protégées et respectées."

Partager