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La venue du président soudanais au Fesman 3 confirmerait la réputation de "Terre d’impunité" du Sénégal

8 décembre 2010
El hadj Abdoulaye Seck

Les organisations sénégalaises de droits humains signataires de la présente déclaration sont vivement préoccupées par la décision qu’aurait prise le gouvernement du Sénégal d’inviter le président soudanais Omar Hassan El Béchir à la troisième édition du festival mondial des arts nègres (FESMAN) et de ne pas exécuter le mandat d’arrêt de la Cour pénale international à son encontre.

En agissant de la sorte, le gouvernement du Sénégal commettrait une violation grave de ses obligations internationales au regard du Statut de Rome qu’il a été le premier à ratifier le 2 février 1999. Il mettrait également le pays au banc de la communauté internationale et confirmerait la réputation de « Terre d’impunité » du Sénégal.
Les organisations signataires appellent tous les sénégalais et tous les militants des droits humains sur le continent africain à s’opposer, par des manifestations pacifiques et par l’information et la sensibilisation, à la propagande contre la Cour pénale internationale et à lutter avec détermination pour que les auteurs présumés de violations graves des droits humains fassent l’objet de poursuites devant une juridiction indépendante et impartiale.

Grâce à la Cour pénale internationale, la peur a aujourd’hui changé de camp. Aucun Chef d’Etat ou de gouvernement, aucun chef de milice ne peut plus commettre impunément des violations graves des droits humains telles que les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide. Aucun chef d’Etat ne peut plus recourir à la violence et au meurtre pour se maintenir au pouvoir contre la volonté de son peuple et aucun chef de milice ne peut recourir à de telles violations des droits humains pour conquérir le pouvoir.

Les organisations rappellent qu’en cas de crimes de droit international, les Etats ont l’obligation d’enquêter et, s’il existe des éléments de preuve suffisants, le devoir de traduire en justice la personne présumée responsable. Les Etats parties doivent en outre, conformément au droit international, établir une coopération pleine entre eux et aider la Cour dans les enquêtes et dans les poursuites des auteurs des violations.

Selon les Nations Unies, le conflit au Darfour a provoqué la mort de plus de 300 000 personnes et le déplacement de quelque deux (2) millions d’autres qui vivent toujours dans des camps à l’intérieur de la région et à l’est du Tchad.

Ont signé :
-  Rencontre Africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO)
-  Ligue Sénégalaise des droits de l’homme (LDH)
-  Action des chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT/Sénégal)
-  Amnesty International Sénégal
-  Le Groupe Agora pour la Protection des Droits de l’Enfant (Gra-redep)
-  Le Comité Africain pour l’Education aux droits de l’Homme (CAEDHU)
-  Le Réseau Africain pour le Développement Intégré (RADI)

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