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Interdiction de l’exploitation des enfants par la mendicité : Amnesty International Sénégal réaffirme son soutien au gouvernement

8 septembre 2010
El hadj Abdoulaye Seck

Communiqué de presse

Amnesty International Sénégal réaffirme son soutien ferme à la décision du gouvernement du Sénégal d’éradiquer l’exploitation par la mendicité des enfants talibés à Dakar et sur toute l’étendue du territoire national. Amnesty International Sénégal tient à informer l’opinion nationale que cette décision relève de l’obligation qu’a l’Etat du Sénégal de respecter les engagements qu’il a souscrits au niveau international de protéger les droits de l’enfant. Plusieurs Etats arabes et musulmans ont souscrit, à l’instar du Sénégal, à ces engagements et ne tolèrent pas que des enfants soient exploités sur leur territoire.

Toutefois, l’enseignement coranique étant un besoin pour près de 95% des sénégalais qui sont de confession musulmane et soucieux de donner une éducation religieuse à leurs enfants, Amnesty International Sénégal appelle le gouvernement à prendre de toute urgence les mesures suivantes :

-  Pourvoir, au besoin avec l’aide des organisations non gouvernementales humanitaires, à la subsistance des enfants qui sont actuellement dans les daaras et qui ne peuvent plus mendier pour se nourrir.

-  Mettre en œuvre l’arrêté général portant reconnaissance de toutes les écoles coraniques du pays pris en début d’année en recensant tous les daaras qui existent sur le territoire national et en aidant les maîtres coraniques qui le veulent et qui remplissent les critères requis à moderniser leur daara.

Amnesty International Sénégal en appelle par ailleurs à la raison et au civisme des maîtres coraniques pour un respect strict de la loi. Elle les appelle en outre à engager le dialogue avec le gouvernement pour moderniser les daaras.

La condamnation de la mendicité des enfants talibés n’est pas seulement le fait de la communauté internationale, elle est aussi le fait de l’écrasante majorité des sénégalais dont des guides religieux indignés par la condition de ces enfants convoyés des régions lointaines et des pays voisins et exploités sans scrupules par certains maîtres coraniques qui ne sont mus que par la recherche du profit.

Note

L’Etat du Sénégal est partie à la Convention internationale des droits de l’enfant (1989), à la convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée, son protocole visant à prévenir, réprimer et punir la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants et le protocole additionnel contre le trafic illicite de migrants par terre, air et mer signés à Palerme en Italie en décembre 2000.
En vertu de ces conventions et de leurs protocoles, le Sénégal a adopté la loi 02/2005 du 29 avril 2005 qui stipule en son article 3 : « quiconque organise la mendicité d’autrui en vue d’en tirer profit, embauche, entraîne ou détourne une personne en vue de la livrer à la mendicité ou exerce sur elle une pression pour qu’elle mendie ou continue à le faire est puni d’un emprisonnement de 2 à 5 ans et d’une amende de 500 000 francs à 2 000 000 francs. Il ne sera pas sursis à l’exécution de la peine lorsque le délit est commis à l’égard d’un mineur, d’une personne particulièrement vulnérable en raison de son âge ou de son état de santé ayant entraîné une déficience physique ou psychique, de plusieurs personnes, de recours ou d’emploi de la contrainte, de violence ou manœuvres dolosives sur la personne se livrant à la mendicité. »

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