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"Avant qu’ils ne frappent à nos portes, on avait déjà frappé à leurs portes"

18 juin 2010
El hadj Abdoulaye Seck

A la veille de la célébration de Journée Mondiale du Réfugié ce 20 juin 2010, Amnesty International vous livre sa ligne d’action concernant les populations en mouvement.

Chaque jour, dans le monde entier, des personnes doivent prendre la dure décision de partir de chez elles. La guerre, les persécutions, les catastrophes écologiques et la pauvreté sont quelques-unes des raisons qui peuvent pousser une personne à quitter sa famille, son quartier, voire son pays.

Les réfugiés sont des individus qui ont quitté leur pays parce qu’ils n’avaient pas le choix et craignaient pour leur vie ou leur sécurité ou celles de leur famille. Dans certains cas, ils sont partis parce que leur gouvernement ne pouvait pas ou ne voulait pas les protéger contre de graves atteintes à leurs droits fondamentaux.

Les personnes déplacées sont des individus qui sont contraints d’aller vivre dans une autre région de leur pays – ils ne franchissent pas les frontières nationales – à cause de la guerre, de persécutions ou d’une catastrophe écologique.

Les demandeurs d’asile sont des individus qui sont arrivés dans un pays étranger et qui ont déposé ou vont déposer une demande pour bénéficier du statut de réfugié. À ce stade, ils ne sont pas formellement reconnus comme réfugiés. Les demandeurs d’asile jouissent des mêmes droits humains que le reste de la population. L’article 14-1 de la Déclaration universelle des droits de l’homme dispose que « devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l’asile en d’autres pays ».

Les migrants sont des individus qui quittent un endroit pour aller vivre et généralement travailler ailleurs, de manière temporaire ou durable. Ils partent s’installer dans une autre région de leur pays ou dans un autre pays. Ils sont parfois contraints de partir par manque de nourriture, d’eau ou de logement, ou parce qu’ils veulent échapper à un danger et protéger leur famille. Ils partent aussi pour trouver un emploi ou pour rejoindre leurs proches.

Quand des gens s’en vont de chez eux, c’est souvent pour plus d’une raison. Mais quels que soient leurs motifs, tous ont des droits humains. Les réfugiés ont en outre droit à la protection internationale.

Repères
• Sur les 6,5 milliards d’habitants de la planète, 200 millions (soit environ 3 p. cent) ne vivent pas dans le pays où ils sont nés.

• Il y a dans le monde environ 14,2 millions de réfugiés, ce qui représente à peu près 0, 21 p. cent de la population mondiale.

• Le nombre de personnes déplacées avoisine actuellement les 24,5 millions, soit 0,4 p. cent de la population mondiale.

• La majorité des réfugiés et des personnes déplacées vivent en Asie et en Afrique. Ces deux continents abritent à eux deux 9,2 millions de refugiés et 18,1 millions de personnes déplacées.

Que fait Amnesty International ?

Amnesty International mène des actions en faveur des droits des réfugiés, des personnes déplacées et des migrants à travers le monde et dénonce les atteintes aux droits humains et le manque de protection dont ils sont victimes.

L’organisation attire également l’attention sur les dangers que certains courraient s’ils étaient renvoyés contre leur gré dans leur pays.

Dans le monde entier, les sections et les militants d’Amnesty International font pression sur leur gouvernement afin d’obtenir des réformes des lois, des politiques et des pratiques nationales, et travaillent aux côtés d’autres organisations dans le but de protéger les droits de tous les réfugiés et migrants.

Le Secrétariat international d’Amnesty International, basé à Londres, et le bureau de l’organisation auprès de l’ONU à Genève s’efforcent d’influer sur la politique internationale et sur l’élaboration de nouvelles normes.

Amnesty International demande aux États d’assumer leur part de responsabilité en matière de protection des réfugiés, des personnes déplacées, des demandeurs d’asile et des migrants, et de s’acquitter de leurs obligations fixées par le droit international.

L’organisation a mis en place un réseau mondial de coordonnateurs Réfugiés, présents dans plus de 50 pays, qui travaillent avec d’autres organisations non gouvernementales pour protéger les droits des réfugiés, des personnes déplacées, des demandeurs d’asile et des migrants.

Nous n’agissons pas en tant que représentants des demandeurs d’asile lors des procédures, même s’il arrive que nous nous mobilisions en faveur d’un cas individuel ou d’une question spécifique.

Les principes

L’un des plus importants principes inscrits dans la Convention de Genève de 1951 est le principe de non-refoulement, en vertu duquel un réfugié a le droit de ne pas être renvoyé dans un pays où il risque d’être victime de persécution. Amnesty International s’oppose à ce que des personnes soient renvoyées de force dans des pays où elles risquent de subir de graves atteintes aux droits humains.

Amnesty International souhaite que les demandeurs d’asile ne soient plus détenus illégalement dans les pays où ils cherchent refuge. La détention est particulièrement éprouvante pour les personnes âgées, les victimes de torture et les enfants non accompagnés, pour ne citer qu’eux.

Amnesty International exhorte les gouvernements et les autres détenteurs du pouvoir à respecter les droits fondamentaux des personnes déplacées. L’organisation s’oppose à ce que des personnes soient réinstallées quelque part contre leur gré en raison de leur religion, de leur origine ethnique, de leur sexe, de leur couleur de peau ou de leur langue.

Amnesty International milite pour la ratification de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. Ce texte fait partie des neuf principaux traités internationaux relatifs aux droits humains. Il garantit les droits des migrants à l’éducation, à la liberté d’expression et de religion, à l’égalité en matière d’accès à la justice et à l’égalité des droits au travail

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