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La participation active, solution à la violence à l’Université de Dakar

4 juin 2010
El hadj Abdoulaye Seck

Conférence à l’initiative du Groupe Ucad d’Amnesty International

Les étudiants, membres d’Amnesty International Sénégal ont pris l’initiative d’organiser une conférence publique sur le thème de la "pacification de l’espace universitaire", activité qui a eu lieu dans l’enceinte du Campus social de l’Ucad au cybercafé Sinkou ce mois de juin 2010.

En présence de militants et d’étudiants venus en masse, la troupe « Totok » a gratifié le public d’un beau spectacle sur le thème, une prestation théâtrale dénommée « J’accuse ! » qui a eu le mérite de camper le décor. Il est revenu ensuite à Monsieur Al Ousseynou BA, responsable du Bulletin d’informations de la Médiature de l’Université d’introduire son exposé sur ce qu’il considère comme étant les causes de la violence à l’Université.

A ce sujet, il a soulevé un certain nombre de faits conjoncturels et structurels notamment la promiscuité, le déficit de communication entre les différents acteurs du monde universitaire, les difficiles conditions de vie des étudiants, etc. Il faut à ce stade souligner que la violence est presque permanente au sein de l’espace universitaire et ce depuis la création de l’Université Cheikh Anta DIOP en 1957 avec notamment des pics débouchant sur une année invalide et la mort d’étudiants notamment.

Divers efforts ont été tentés de part et d’autres pour trouver des remèdes à cette situation mais des difficultés subsistent encore. Les dernières « sanctions » à l’endroit des étudiants notamment la suspension et/ou le gel du renouvellement de certaines amicales de facultés, l’intention prêtée aux pouvoirs publics de vouloir privatiser l’université par une hausse considérable des droits d’inscription et le manque d’espace de dialogue entretiennent un climat de suspicion entre les étudiants et les autorités académiques.

Aussi, les participants à la conférence ont été unanimes à saluer cette belle initiative d’Amnesty Ucad d’où est clairement ressortit que la participation des étudiants au processus de prise de décision est le principal levier sur lequel tous et toutes doivent agir pour que la violence laisse la place au débat intellectuel et scientifique au sein de l’espace universitaire.

La participation active sera entendue ici comme une politique d’inclusion des l’ensemble des acteurs concernés aux différents stades de la prise de décision. Etant les principaux destinataires des politiques et plans de réforme tant au niveau social qu’académique, les étudiants doivent être au cœur du système et agir en tant que tel.

Cette rencontre a permis de faire surgir certaines pistes que le médiateur et les autres parties intéressées pourront prendre en compte notamment :

• La mise en place de cadres de concertation entre étudiants, enseignants et administrations ;

• Travailler à éviter ou à éliminer les frustrations nées de la gestion des codifications, des orientations des nouveaux bacheliers ;

• Bonne représentation des étudiants au niveau des instances de décision et une prise en compte véritable de leurs points de vue ;

• Augmentation des capacités d’accueil de l’Université de Dakar et des centres universitaires régionaux ;
• Avoir une stratégie claire d’accueil et d’intégration des nouveaux bacheliers ;

• Faire de l’obligation de rendre compte une réalité et à tous les niveaux de responsabilité ;

• Travailler dans la durée et favoriser l’intervention de ressources extérieures.

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