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Dialogue politique national : les droits humains doivent être au centre des discussions

9 juillet 2009
seydi

Dakar, le 9 juillet 2009 - Amnesty International Sénégal se félicite de la volonté du Président de la République, Maître Abdoulaye Wade et des leaders des partis politiques de l’opposition d’aller vers le dialogue en vue d’instaurer « un climat de paix politique et sociale » dans notre pays.

Elle exhorte les parties prenantes à ce dialogue à placer les droits humains au centre de leurs discussions. Les droits humains et les libertés publiques (le droit au travail, le droit à la santé, le droit au logement, le droit à une éducation de qualité, le droit de ne pas être soumis à la torture et aux mauvais traitements, le droit au rassemblement et à la manifestation pacifiques, etc.), bien que proclamés dans la constitution du pays, demeurent des réalités abstraites pour la grande majorité des sénégalais à cause des problèmes liés à leur justiciabilité et à l’absence de voies de recours efficaces contre les dénis et les abus de l’Etat.

Aussi Amnesty International Sénégal soutient-elle l’idée de création d’une Cour constitutionnelle chargée de garantir la jouissance par les citoyens des droits que leur confère la constitution. Amnesty International Sénégal appelle également à la réforme du Conseil supérieur de la magistrature afin de renforcer la séparation des pouvoirs au sein de l’Etat et l’indépendance de la justice.

La réélection du Sénégal au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies et l’adoption de son rapport par ce Conseil lors de l’Examen Périodique Universel ne sauraient être invoquées pour reléguer les droits humains au second plan. L’élection au Conseil des droits de l’homme tout comme le passage réussi à l’examen périodique universel ne signifie pas que la situation des droits humains est bonne dans un pays donné. Le Conseil des droits de l’homme compte actuellement parmi ses membres des pays comme Cuba, la Chine, la Russie et l’Arabie Saoudite dont la situation des droits humains est décriée par les organisations de droits humains et les rapporteurs spéciaux des Nations Unies. De même, tous les pays examinés jusqu’ici dans le cadre de l’EPU ont vu leur rapport adopté y compris des pays comme la Tunisie, Israël, Cuba, la Chine, la Russie, etc.

L’élection au Conseil des droits de l’homme et l’adoption du rapport, loin d’être des satisfécits, constituent une reconnaissance des efforts fournis et de la volonté de faire encore mieux en matière de promotion et de protection des droits humains. Le Président Abdoulaye Wade et son gouvernement ont l’occasion de prouver cette volonté au cours de ce dialogue.

Amnesty International Sénégal

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