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Union Africaine : La non application du mandat d’arrêt de la CPI contre le Président Al-Bashir est une insulte pour les victimes

6 juillet 2009
seydi

La décision prise le vendredi 03 juillet 2009 par les Etats membres de l’Union Africaine de ne pas coopérer avec la Cour pénale internationale en vue d’arrêter et de livrer le Président soudanais Omar al-Bashir est un mépris pour les victimes des violations massives et graves des droits humains au Darfour. Elle montre également que l’Union africaine n’est rien d’autre qu’un syndicat de Chefs d’Etat dont les membres sont avant tout soucieux de garantir l’impunité les uns aux autres.

Il est maintenant clair qu’en Afrique, lorsqu’un citoyen ordinaire tue une personne, il est condamné à mort ou à une lourde peine de prison. Mais lorsqu’un chef d’Etat tue des milliers de personnes, il ne doit pas être inquiété à cause de l’immunité liée à sa fonction. Tel est le triste paradoxe que constitue cette décision de l’Union africaine. Aujourd’hui l’Union africaine, en tant qu’organisme chargé de « promouvoir et protéger les droits de l’homme et des peuples » sur le continent africain a perdu toute crédibilité.

Amnesty International Sénégal tient à rappeler au gouvernement du Sénégal qu’en signant et en ratifiant le Statut de Rome, il s’est engagé en tant qu’Etat souverain à coopérer avec la Cour y compris pour l’exécution des mandats d’arrêt qu’elle délivre (article 86 du statut de Rome). Il est donc inacceptable que le Sénégal invoque une décision de l’Union Africaine pour se soustraire à un engagement international.

Nous rappelons, à l’intention de l’opinion publique que la Cour pénale internationale est une juridiction de dernier recours, qui est saisie par les Etats parties ou le Conseil de sécurité de l’ONU ou qui s’autosaisit lorsque ces Etats ne peuvent pas ou ne veulent pas juger les auteurs de crimes relevant du droit international comme les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les crimes de génocide. C’est ainsi que trois (3) Etats africains (la République Démocratique du Congo, l’Ouganda et la République centrafricaine) ont déféré eux-mêmes des cas relevant de leurs juridictions nationales à la Cour. En ce qui concerne le Soudan, la situation de ce pays a été déférée à la Cour par le Conseil de sécurité de l’ONU. Un cinquième Etat, la Côte d’Ivoire, a reconnu la compétence de la Cour à enquêter et à juger les crimes commis sur son territoire ou par ses citoyens à l’étranger.

Pour toute information complémentaire, veuillez contacter le +221 77 636 89 59 / +221 76 664 94 99 / +221 77 546 17 05

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