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Emeutes de Kédougou : lettre ouverte à SE Me Abdoulaye Wade, président de la République

30 janvier 2009
seydi

Dans une lettre ouverte adressée au chef de l’Etat sénégalais, la Section sénégalaise d’Amnesty International a exprimé sa préoccupation face aux violations des droits humain dans la région de Kédougou en décembre dernier. Nous vous livrons l’intégralité de la lettre :

Monsieur le Président de la République,

Amnesty International Sénégal est vivement préoccupée par la violation des droits humains qui prévaut à Kédougou depuis la manifestation violente - et violemment réprimée par l’armée et la gendarmerie – du jeudi 23 décembre 2008.

En effet votre gouvernement, faute d’avoir pris les mesures idoines pour prévenir cette manifestation violente que tout laissait entrevoir, a été obligé de faire appel à l’armée pour rétablir l’ordre. Notre pays aurait pu faire l’économie de pertes en vies humaines, en blessés graves et en destruction d’édifices publiques si des forces de police et de gendarmerie avaient été déployées en nombre suffisant dans la ville pour prévenir ces manifestations.

Mais alors que le calme, suite à la médiation des notables, revient à Kédougou, les forces de sécurité continuent à pourchasser les « meneurs » de la manifestation et à fouiller des maisons, sans aucun mandat de la justice en violation flagrante de la loi et des engagements internationaux de notre pays en matière de droits humains.

Nous voudrions appeler à votre sens de la responsabilité pour que cessent immédiatement ces violations inacceptables des droits humains qui n’ont d’autre effet que d’exacerber la tension et dont les conséquences peuvent être graves pour la paix et la stabilité de notre pays.

Le malaise qui règne depuis quelque temps à Kédougou nous rappelle fort celui qui prévalait en Casamance au début des années 1980. Et comme l’a sien bien montré l’exemple casamançais, le laxisme et la répression brutale n’en constituent pas les remèdes. Seul un dialogue franc et sincère, ayant pour but de satisfaire les revendications légitimes des habitants de la région, peut épargner notre pays d’une nouvelle instabilité à l’est.

La renonciation aux poursuites judiciaires contre les jeunes gens arrêtés ou recherchés, l’arrêt immédiat des violations de domicile par les forces de l’ordre ainsi que l’ouverture d’une enquête indépendante sur les circonstances de la mort du jeune Mamadou Sina Sidibé constituent les préalables à ce dialogue.

Le mouvement national et international des droits humains suit de près la situation à Kédougou et ne laissera en aucun cas l’état de terreur s’y installer.

Section sénégalaise d’Amnesty International

Dakar (Sénégal)

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