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Armes wallonnes : immoralité, opacité

21 juin 2018

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À l’occasion du sixième anniversaire du décret wallon relatif à l’importation, au transit et au transfert d’armes civiles et de produits liés à la défense, Amnesty International s’est associée au Youtubeur belge « Abdel en vrai » pour proposer une vidéo dans laquelle il dénonce avec son ironie habituelle les ventes d’armes de la Wallonie à l’Arabie saoudite.

Cette vidéo, qui sera disponible dès 18h30 ce 21 juin , est d’autant plus percutante qu’Amnesty International a pris connaissance du dernier rapport du Parlement wallon, qui atteste que ce pays - qui se rend coupable de crime de guerre - est redevenu le premier importateur des armes wallonnes avec des dépenses à hauteur de 153 millions l’an dernier, soit un quart de l’ensemble des exportations.

« Il est inadmissible que la Région wallonne continue de ne pas respecter ses engagements en vendant toujours aussi massivement des armes à des pays qui violent les droits humains et le droit international humanitaire, comme l’Arabie saoudite, explique Philippe Hensmans, directeur de la section belge francophone d’Amnesty International. Alors que ne sont connus ni la composition, ni le mode de fonctionnement, ni les règles qui gouvernent la commission chargée de formuler des avis concernant les demandes d’exportation de produits liés à la défense, nous dénonçons par ailleurs avec vigueur l’opacité des procédures en matière d’octroi de licences d’exportation. »

Selon le dernier rapport du Parlement wallon, les licences délivrées en 2017 par les Ministres-Présidents Paul Magnette, puis Willy Borsus, ont principalement porté sur des armes à feu, de l’artillerie, des munitions, mais également des tanks, des véhicules blindés et pièces détachées, ainsi que des agents explosifs.

« Donc, quelque part, nos armes fournies par la Région wallonne pourraient tuer des civils, hommes, femmes et enfants », comme l’explique Abdel dans sa vidéo. « [...] Mon pays vend des armes à un pays qui tue des personnes civiles, innocentes, alors que selon le droit international c’est totalement interdit [...] »

« Mon pays vend des armes à un pays qui tue des personnes civiles, innocentes, alors que selon le droit international c’est totalement interdit »

Une pétition adressée à Willy Borsus et qui a récolté près de 18 000 signatures en Belgique francophone est disponible sur le site d’Amnesty International Belgique francophone : www.amnesty.be/WallonieImmorale

Complément d’information

L’Arabie saoudite est, de loin, le premier acheteur des armes produites en Wallonie, avec des dépenses atteignant en 2017 les 153 millions d’euros, soit un quart de l’ensemble des exportations.

Dans le cadre de la guerre faisant actuellement rage au Yémen, Riyad mène une coalition responsable de nombreuses attaques ayant délibérément touché des populations et structures civiles, ce qui constitue des crimes de guerre. Par ailleurs, l’Arabie saoudite impose des restrictions excessives à l’entrée de denrées essentielles et d’aide. Ces obstacles, renforcés par l’offensive militaire meurtrière que mène l’Arabie saoudite contre la ville portuaire de Hodeida, aggravent la situation humanitaire déjà très difficile au Yémen et bafouent le droit international.

Le 11 septembre 2017, lors d’une rencontre avec des représentants d’Amnesty International, le ministre-président Willy Borsus s’est engagé à entreprendre une consultation avec l’ensemble des parties prenantes au dossier. À cette occasion, il s’est vu remettre une pétition signée par plus de 13 000 personnes en Belgique francophone, en quelques semaines, demandant au précédent ministre-président, Paul Magnette, et à la Région wallonne, de suspendre les ventes d’armes à ces pays « bourreaux ».

Un mois plus tard, violant outrageusement le Traité sur le commerce des armes, Willy Borsus a octroyé 28 nouvelles licences d’armes vers l’Arabie saoudite, alors même que le Parlement fédéral a adopté et voté en juin 2017 une résolution pour la suspension des exportations d’armes au Royaume saoudien. En réaction, en décembre dernier, la Ligue des droits de l’Homme et la CNAPD, soutenues par la section belge francophone d’Amnesty International, ont introduit devant le Conseil d’État un recours en suspension et en annulation des licences d’exportation d’armes.

Voir en ligne : https://www.amnesty.be/infos/actual...

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