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Fidji : Il faut réprimer la torture et non les manifestations

26 juin 2017

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Les autorités de Fidji doivent libérer immédiatement et sans condition un jeune militant détenu pour avoir manifesté contre la torture dans cet État insulaire du Pacifique, a déclaré Amnesty International lundi 26 juin.

Alors que l’on célèbre la Journée internationale pour le soutien aux victimes de la torture, les autorités fidjiennes ont arrêté Jope Koroisavou – un jeune responsable du Parti libéral social-démocrate (Sodelpa, membre de l’opposition) – parce qu’il a organisé une manifestation solitaire et pacifique au cours de laquelle il a tenu des pancartes sur lesquelles figuraient les noms de victimes fidjiennes de la torture en marchant dans la capitale, Suva.

« Au lieu de réprimer les manifestations pacifiques, les autorités fidjiennes devraient réprimer la torture. En ce jour où le monde commémore les victimes de la torture, elles arrêtent des personnes pour avoir tenu une pancarte avec leurs noms, a déclaré James Gomez, directeur régional pour l’Asie du Sud-Est et le Pacifique à Amnesty International.

« Jope Koroisavou faisait une action de protestation courageuse et pleine de dignité. Son arrestation montre qu’il n’est pas facile de dénoncer la torture et les autres formes de mauvais traitements à Fidji. Il doit être libéré immédiatement et sans condition. »

Jope Koroisavou tenait des pancartes sur lesquelles étaient inscrits les noms de cinq victimes de torture et d’autres mauvais traitements aux mains des forces de sécurité fidjiennes : Iowane Benedito, Tevita Malasebe, Josefa Balailoa, Nimilote Verebasaga et Sakiusa Rabaka.

Les cas de ces personnes ont été exposés dans le rapport d’Amnesty International intitulé Beating Justice : How Fiji’s security forces get away with torture, qui décrit les obstacles à l’obligation de rendre des comptes pour les actes de torture et les autres formes de mauvais traitements, notamment les immunités prévues par la Constitution et le manque de volonté politique pour enquêter efficacement sur ces agissements.

« Le gouvernement fidjien se targue d’avoir ratifié la Convention des Nations unies contre la torture, mais il n’a pas encore rendu sa législation conforme aux normes internationales, ni abrogé les immunités dont bénéficient les forces de sécurité, ni supprimé les obstacles à l’obligation de rendre des comptes », a déclaré James Gomez.

Complément d’information

Les actes de torture subis par Iowane Benedito ont été enregistrés sur un téléphone et diffusés sur YouTube en février 2013. L’enquête qui s’en est suivie a été classée, avant d’être rouverte par l’ancien commissaire de police Ben Groenewald. Ce dernier a démissionné après que ses subordonnés ont été empêchés d’arrêter un militaire impliqué dans l’affaire. Les tortionnaires présumés d’Iowane Benedito ont depuis été inculpés, mais ils n’ont pas encore été jugés ; leur procès doit avoir lieu en novembre 2017.

Tevita Malasebe, Josefa Balailoa, Nimilote Verebasaga et Sakiusa Rabaka sont morts entre 2007 et 2008 des suites de terribles blessures subies lors d’actes de torture aux mains des forces de sécurité.

Voir en ligne : https://www.amnesty.be/infos/actual...

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