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Nomination de la directrice adjointe de la CIA soulève des inquiétudes

3 février 2017

<https://www.amnesty.be/local/cache-...>

À la suite de la nomination par l’administration Trump de Gina Haspel au poste de directrice adjointe de la CIA (l’Agence centrale de renseignement), Erika Guevara-Rosas, directrice du programme Amériques à Amnesty International, a déclaré :

« Les informations selon lesquelles Gina Haspel a dirigé le " site noir " présumé de la CIA en Thaïlande, à une période où les détenus y étaient soumis à la torture et aux disparitions forcées, et a probablement joué un rôle dans la destruction de preuves de ces crimes relevant du droit international, suscitent de graves préoccupations.

« Cette annonce intervient juste après que le président Trump s’est exprimé en faveur de la torture, et force est de constater que tous les indicateurs sont au rouge.

« Ces allégations sont graves et doivent faire l’objet d’un examen poussé. Nul ne doit être nommé à un poste où il pourrait s’immiscer dans l’enquête ou faciliter la dissimulation de crimes relevant du droit international.

« L’administration Trump étant prompte à mettre en avant les " contrôles extrêmes ", elle ne saurait s’abstenir d’enquêter sur des représentants de l’État au sujet de leur capacité à faire respecter la Constitution des États-Unis et le droit international.

« Le fait que l’administration Obama n’a pas enquêté sur des faits présumés de torture, de disparition forcée et d’autres crimes de droit international commis dans le cadre du programme de détention secrète déployé par la CIA ne signifie pas que les auteurs présumés de ces crimes soient tirés d’affaire. Il incombe désormais à l’administration Trump d’ordonner des investigations indépendantes et impartiales et d’amener les responsables à rendre des comptes, quels que soient leur rang ou leur poste. »

Complément d’information

Selon diverses informations, Gina Haspel a dirigé le « site noir » présumé de la CIA en Thaïlande où deux détenus, Abu Zubaydah et Abd al Nashiri, ont été enfermés en 2002 et soumis à la torture ainsi qu’à la disparition forcée – infractions qui relèvent du droit international.

Les interrogatoires des deux hommes ont été filmés en vidéo, notamment les épisodes de waterboarding, technique de torture qui constitue un simulacre d’exécution par noyade. Ces enregistrements ont été détruits par la CIA en novembre 2005, initiative approuvée par José Rodriguez, ancien directeur du Centre antiterroriste et du Service national clandestin de la CIA. Gina Haspel aurait été impliquée dans la destruction de ces vidéos.

Dissimuler les preuves d’un crime commis par des agents de l’État peut constituer un acte de complicité criminelle.

L’obligation de rendre des comptes n’a pas été mise en œuvre pour les crimes relevant du droit international commis dans le cadre du programme de détention de la CIA.

Voir en ligne : https://www.amnesty.be/je-veux-m-in...

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