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Mort de Dominique Lopy dans le commissariat urbain de Kolda : la police mise en cause.

10 juillet 2007
phensmans

Dominique Lopy était un jeune homme de 23 ans. Le 19 avril 2007, vers 15 heures, il est allé au commissariat de police de Kolda répondre à une convocation. La police lui apprendra qu’il a été accusé de vol d’un téléviseur et d’un matelas par le Président du Conseil régional Mamadou Lamine Dramé dont la maison est située à quelque 50 m de la concession de la famille Lopy. La police décide de le retenir. Le lendemain, vendredi 20 avril, au cours d’un interrogatoire qui a duré de 11.00 à 12.00, il aurait été sévèrement battu par la police. Il est ensuite conduit à la maison dans une fourgonnette de la police, pieds nus et les mains menottées derrière le dos. La police a fouillé la maison mais n’a pas découvert les objets recherchés. Selon sa famille, ses jambes étaient enflées et il disait à sa mère qu’il mourrait s’il retournait à la police. « Si tu ne dis pas où est le téléviseur, on va te tuer » a rétorqué un policier.

Ses parents se sont rendus à la police le même jour pour le voir. Il ne pouvait pas s’asseoir. Il était couché par terre. Les agents ont dit à la famille qu’il voulait le libérer mais il leur fallait l’accord du commissaire et du président du conseil régional. Dominique Lopy serait mort dans les locaux de la police dans la nuit du 20 au 21 avril. Son corps a été dissimulé et remis aux sapeurs pompiers le 22 avril à 12 heures.

L’annonce de la mort de Dominique Lopy a déclenché des émeutes dans la ville de Kolda. Ces émeutes qui ont opposé plusieurs jours durant jeunes gens et forces de l’ordre se sont soldées par la mort d’une autre personne, Dioutala Mané, atteint au dos par une balle. Une troisième personne, un écolier, a été atteint par une balle perdue et serait devenu invalide.

Dans le but de déterminer les causes de la mort de Dominique Lopy, le gouvernement a fait autopsier son corps. A ce jour, la famille n’a pas connaissance des résultats de l’autopsie. La famille a également porté plainte le 12 mai contre le président du Conseil régional et deux agents de police. Cette plainte n’a pas encore reçue de suite.

La mort de Dominique Lopy, des suites de mauvais traitements dans le commissariat urbain de Kolda montre encore une fois combien il est illusoire de penser que des modules de formation en droits humains dispensés à l’ENP peuvent changer les mentalités et les pratiques de la police.

Seul un mécanisme national indépendant de visites des prisons et lieux de détention, avec des démembrements dans les régions et départements peut aider à prévenir ces pratiques. Le gouvernement du Sénégal doit créer sans délai ce mécanisme prévu par le protocole facultatif à la convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ratifié le 18 octobre 2006.

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