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Une série d’homicides vise des défenseurs des droits humains

12 septembre 2016

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Les autorités doivent prendre des mesures immédiates et efficaces pour mettre un terme à la série d’homicides visant des défenseurs des droits humains et des militants communautaires et de la société civile, a déclaré Amnesty International lundi 12 septembre 2016, au lendemain du nouvel assassinat d’un militant.

Le 11 septembre, Néstor Iván Martínez, membre du Conseil communautaire des Afro-Colombiens de La Sierra, El Cruce et La Estación, et responsable du mouvement social Congrès des peuples, a été abattu par des agresseurs non identifiés, dans une zone rurale de la municipalité de Chiriguaná, dans le département du César. Néstor Iván Martínez participait activement à des campagnes sur les droits environnementaux et fonciers dans le César, et militait également contre des activités minières dans la région.

Le 29 août, trois responsables de l’ONG Comité d’intégration du Massif colombien (CIMA), Joel Meneses, Nereo Meneses Guzmán et Ariel Sotelo, circulaient dans la municipalité d’Almaguer, dans le département du Cauca. Leur véhicule a été stoppé par un groupe d’hommes armés, qui les ont abattus.

Dans la dernière semaine d’août, quatre membres de la communauté des Awás ont été abattus par des hommes armés non identifiés dans le département de Nariňo. Il s’agit de Camilo Roberto Taicús Bisbicús, responsable de la réserve indigène des Awás de Hojal La Turbia, dans la municipalité de Tumaco, des frères Luciano Pascal García et Alberto Pascal García, également de la réserve de Hojal La Turbia, tués dans la municipalité de Llorente, et de Diego Alfredo Chirán Nastacuas, membre des Awás, assassiné dans la municipalité de Barbacoas.

Selon l’ONG colombienne Somos Defensores, au moins 35 défenseurs des droits humains et leaders sociaux ont été tués au cours des six premiers mois de 2016.

Cette recrudescence des homicides visant des défenseurs des droits humains, des leaders communautaires et sociaux, ainsi que des membres des populations autochtones, offre un contraste saisissant avec l’espoir suscité dans le pays par la signature de l’accord de paix entre le gouvernement et les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), prévue le 26 septembre à Carthagène, en Colombie. Un cessez-le-feu définitif et bilatéral et la cessation des hostilités entre les deux camps sont effectifs depuis le 29 août.

Amnesty International a fait valoir à plusieurs reprises que la principale menace pour les droits humains n’émane pas seulement des combats directs entre les deux camps, mais aussi d’attaques ciblées contre des civils. Ces attaques découlent bien souvent des tentatives de divers groupes armés de contrôler des territoires, particulièrement les terres des populations autochtones et des communautés afro-colombiennes et paysannes, en vue d’exploiter ces terres à des fins économiques – trafic de stupéfiants et projets miniers, pétroliers et agro-industriels notamment.

Les autorités colombiennes doivent prendre sans délai toutes les mesures nécessaires, en étroite coordination avec les personnes et les communautés touchées, afin de garantir la sécurité de ceux qui sont en danger et de veiller à ce que les personnes soupçonnées d’être pénalement responsables de ces attaques soient traduites en justice dans le cadre de procès équitables devant des tribunaux civils.

Voir en ligne : http://www.amnesty.be/je-veux-m-inf...

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