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Cameroun : Abandon des charges retenues contre 3 journalistes

9 mars 2016

Les journalistes camerounais Baba Wame, Félix Ebolé Bola et Rodrigue Tongue sont en instance de jugement pour non-divulgation d’informations et de sources devant le tribunal militaire de Yaoundé alors qu’ils n’ont fait que respecter la déontologie. S’ils sont déclarés coupables, ils risquent entre un et cinq ans d’emprisonnement.

Demandez aux autorités camerounaises d’abandonner immédiatement les charges qui pèsent sur les trois journalistes et que l’exception de non divulgation soit inscrit dans le droit national

Signez cet appel qui sera adressée au Ministre de la défense du Cameroun

Monsieur le Ministre,

En juillet 2014, Baba Wame, journaliste et enseignant en cyberjournalisme, a reçu un courriel contenant des photos et des informations qui faisaient état d’une collusion entre des agents des forces de sécurité camerounaises et le dirigeant d’un groupe armé de République centrafricaine qui était impliqué dans l’attaque d’une ville de l’est du Cameroun. Il a porté ce message à la connaissance de Félix Ebolé Bola, journaliste au quotidien Mutations, et Rodrigue Tongue, journaliste au quotidien Le Messager. Ils ont ensuite commencé à enquêter tous les trois.

En août 2014, Felix Ebola Bola a écrit au délégué à la Sécurité nationale pour l’informer de leurs découvertes et demander des informations complémentaires. Aucune réponse ne leur est parvenue jusqu’à ce que, deux mois plus tard, Felix Ebola Bola reçoive l’appel d’un agent de la direction générale de la Sécurité nationale qui souhaitait obtenir des précisions. Les journalistes, qui ne disposaient d’aucun élément nouveau, n’ont pas donné suite à cette demande ; ils ont cessé là leurs investigations et n’ont rien publié sur l’affaire.

Le 24 octobre 2014, ils ont reçu une convocation écrite de la part d’une juge leur ordonnant de se présenter à son bureau le 28 octobre 2014 afin d’être entendus. Plus tard, ils ont été inculpés de non-divulgation d’informations et de sources en vertu de l’article 107 du Code pénal et placés sous contrôle judiciaire. Cette mesure a été levée en janvier et février 2015.

Le 30 novembre 2015, un juge a rendu une décision de rejet partiel et l’affaire a été transférée au tribunal militaire de Yaoundé. Le procès, qui devait s’ouvrir le 29 janvier, a été ajourné d’abord au 19 février et finalement au 18 mars.

Je vous demande donc :
- d’abandonner immédiatement et sans condition toutes les charges pesant sur Baba Wame, Félix Ebolé Bola et Rodrigue Tongue.
- Je vous exhorte à protéger et à faire respecter le droit à la liberté d’expression pour tous, conformément aux obligations et engagements du Cameroun au regard du droit international.
- Je vous prie instamment de veiller à ce que le droit d’accès à l’information soit inscrit dans le droit national et de définir toute exception au droit de non-divulgation, en s’assurant qu’elle soit clairement précisée dans la loi, nécessaire et proportionnée.

Pétition
Moyen rapide et efficace de faire pression sur les autorités et les décideurs, de les pousser à prendre leurs responsabilités quant au respect et la promotion des droits humains, signer c’est agir. VOS SIGNATURES ONT DU POUVOIR
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