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Les médecins jouent un rôle déterminant dans la production de preuve liées à la torture

21 janvier 2016
El hadj Abdoulaye Seck

Les médecins et les membres des professions médicales jouent un rôle déterminant dans la production des preuves de torture par l’examen des victimes et l’établissement de pièces telles que les certificats médicaux, les certificats de genre de mort, les certificats d’autopsie, etc.

La lutte contre la torture est au centre du travail d’Amnesty International. Cette pratique criminelle, interdite par le droit international et la plupart des législations nationale, est cependant largement répandue. La torture est un instrument de pouvoir, pour l’enquêteur qui l’utilise pour obtenir des informations ou des aveux, pour les régimes dictatoriaux qui l’utilisent pour liquider ou réduire au silence opposants, journalistes et autres activistes de la société civile.

Le Sénégal, comme la plupart des pays du monde, n’est pas exempt de torture. Elle a été massivement utilisée dans la lutte contre la rébellion en Casamance dans les années 80 et 90. Elle l’a été aussi dans la période pré-électorale de 2012 pour terroriser et dissuader les manifestants qui s’opposaient à un troisième mandat du Président Abdoulaye Wade.

Plus généralement, toute personne arrêtée et détenue dans un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie au Sénégal, court le risque d’être torturée ou d’être soumise à de mauvais traitements.

Amnesty International croit fermement que le meilleur moyen de combattre la torture et les mauvais traitements dans le cadre de la procédure pénale reste la sensibilisation et la formation des acteurs de la procédure que sont les officiers de police judiciaire et les magistrats. Toutefois, face aux récalcitrants, la loi doit s’appliquer dans toute sa rigueur. Pour cela, il faut des preuves, des preuves matérielles crédibles.

Les médecins et les membres des professions médicales jouent un rôle déterminant dans la production des preuves de torture par l’examen des victimes et l’établissement de pièces telles que les certificats médicaux, les certificats de genre de mort, les certificats d’autopsie, etc.

Ce rôle des médecins montre toute l’importance de l’atelier de formation des professionnels de la santé à la prise en charge des victimes de la torture et de mauvais traitements mais aussi l’option prise par notre organisation, dès sa création en 1961, d’associer les médecins et les membres des professions médicales dans le travail de promotion et de protection des droits humains.

Selon le mot du président d’Amnesty International Sénégal Me Diène Ndiaye, "le groupe médical constitue la plus ancienne entité d’Amnesty International Sénégal. C’est l’occasion pour moi de saluer ses membres ici présents : le Dr Dialo Diop, le Dr Nouha Sonko et le Dr Bertrand et d’exhorter les participants à ce séminaire à se joindre à nous pour apporter leur contribution au travail des droits humains que nous faisons au profit de la population sénégalaise et des victimes du monde entier."

Amnesty International Sénégal a organisé cet atelier de formation des professionnels de la santé à la prise en charge des victimes de la torture et de mauvais traitements, en partenariat avec l’Observateur national des lieux de privations des liberté (ONLPL), Amnesty International Suisse, le mécanisme suisse de prévention de la torture, les ministères de la Justice et de la Santé du Sénégal et l’Ordre des médecins.

Diverses thématiques notamment le cadre juridique et institutionnel de lutte, le rôle des médecins et la mise en place de stratégies d’accompagnement des victimes de torture et de mauvais traitements ont été abordées.

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