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Cinq ans après le « Printemps arabe »

16 janvier 2016

<http://www.amnesty.be/local/cache-v...>

La région Moyen-Orient et Afrique du Nord a été submergée par une vague sans précédent de manifestations populaires en faveur de réformes. Le mouvement a démarré en Tunisie et s’est propagé en quelques semaines à l’Égypte, au Yémen, à Bahreïn, à la Libye et à la Syrie.

À un moment, nous avons décidé d’arrêter de nous taire et notre révolution a démarré".

Hussein Ghrer, militant des droits humains, Syrie

C’est une lame de fond qui a balayé les dirigeants autoritaires installés de longue date au pouvoir, notamment Hosni Moubarak en Égypte et Zine el Abidine Ben Ali en Tunisie.

Beaucoup espéraient que ce « Printemps arabe » porterait de nouveaux gouvernements au pouvoir et serait synonyme de réforme politique et de justice sociale. Toutefois, la réalité se traduit par un regain de guerre et de violence, et par la répression exercée contre ceux qui osent réclamer une société plus juste et plus ouverte.

Le « Printemps arabe » - Chronologie <http://www.amnesty.be/local/cache-v...> 17 décembre 2010, Tunisie - Un homme pleure la mort du vendeur des rues Mohamed Bouazizi, qui s’est immolé par le feu pour protester contre le harcèlement policier. Cet événement a déclenché une vague sans précédent de manifestations populaires en faveur de réformes. © FRED DUFOUR/AFP/Getty Images

Que s’est-il passé ensuite ?

Cinq ans plus tard, les droits humains demeurent menacés dans toute la région. Des centaines de milliers de personnes, dont de nombreux enfants, ont péri lors des conflits armés qui continuent de faire rage en Syrie, en Libye et au Yémen. Le conflit syrien a engendré la plus grande crise des réfugiés du 21e siècle. <http://www.amnesty.be/local/cache-v...> Des réfugies traversent l’Europe, septembre 2015. © Christopher Furlong/Getty Images

La plupart des militants des droits humains et des dirigeants politiques à Bahreïn sont derrière les barreaux.

Nabeel Rajab, défenseur des droits humains, Bahreïn

En Syrie, en Égypte, à Bahreïn et ailleurs, les gouvernements attaquent la liberté de parole en enfermant militants des droits humains, opposants politiques et détracteurs, souvent au nom de la lutte contre le terrorisme. Qui plus est, rares sont ceux qui sont traduits en justice pour les violences, les homicides et les actes de torture perpétrés pendant et après les manifestations de 2011. <http://www.amnesty.be/local/cache-v...> Des habitants inspectent un site touché par des frappes aériennes, Syrie, octobre 2015. © REUTERS/Ammar Abdullah

Que demandons-nous ?

Ensemble, nous devons faire pression sur les États pour qu’ils cessent d’attaquer les civils durant les conflits armés. Ils doivent aussi cesser d’incarcérer des citoyens uniquement parce qu’ils critiquent les gouvernements, et traduire en justice les auteurs présumés de crimes liés aux droits humains.

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Après le « Printemps arabe » : pays par pays

Tunisie

La seule réussite relative, avec une nouvelle Constitution et une certaine justice pour les crimes passés. Cependant, les droits humains demeurent menacés, et des réformes sont requises de toute urgence.

Égypte

Des militants pacifiques, des détracteurs du gouvernement et beaucoup d’autres demeurent incarcérés . La torture et les mauvais traitements sont monnaie courante. Des centaines de personnes ont été condamnées à mort et des dizaines de milliers placées derrière les barreaux parce qu’elles ont manifesté ou seraient liées à l’opposition politique. <http://www.amnesty.be/local/cache-v...> Les citoyens en Tunisie célèbrent la première élection présidentielle, octobre 2014. © FADEL SENNA/AFP/Getty Images

Bahreïn

Les autorités font taire la dissidence : elles recourent à une force inutile, arrêtent et incarcèrent les manifestants et les leaders de l’opposition politique, et torturent des détenus.

Libye

Beaucoup de conflits armés font rage dans ce pays profondément divisé. Tous les camps commettent des crimes de guerre et de graves atteintes aux droits humains. <http://www.amnesty.be/local/cache-v...> Une école au Yémen frappée par des missiles tirés par la coalition dirigée par l’Arabie saoudite. © Amnesty International

Syrie

C’est le conflit le plus meurtrier de la région, qui a éclaté en réaction à la répression brutale des manifestations massives par le gouvernement de Bachar el Assad. Des crimes atroces sont commis à grande échelle et la moitié de la population est déplacée.

Yémen

Les frappes aériennes de la coalition dirigée par l’Arabie saoudite et les bombardements des forces houthies ont tué plus de 2 500 civils. Certaines attaques constituent des crimes de guerre .

Le « Printemps arabe » en chiffres

+ de 12 millions de personnes contraintes de quitter leur foyer en Syrie depuis 2011

6 000 personnes blessées par les forces de sécurité égyptiennes et les voyous à leur solde lors de la « Révolution du 25 janvier » en 2011

50 personnes tuées et des centaines blessées lors des manifestations à Sanaa, au Yémen, le 18 mars 2011

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Le « Printemps arabe » en Tunisie : Les bons côtés...

Depuis le soulèvement de 2011, baptisé la « Révolution du Jasmin », la Tunisie est largement considérée comme la seule réussite des mouvements du « Printemps arabe » et a pris plusieurs mesures majeures en vue de soutenir les droits humains.

Les Tunisiens adoptent une nouvelle Constitution qui protège de nombreux droits importants, comme la liberté de s’exprimer et de se réunir librement, et interdit la torture. Ils ont également élu un nouveau Parlement et un nouveau président. Les organisations militantes et les ONG se développent. <http://www.amnesty.be/local/cache-v...> Devant le tribunal où sont jugés des responsables gouvernementaux et des membres des forces de sécurité accusés d’avoir tué 132 manifestants, Tunisie, juin 2012. © FETHI BELAID/AFP/Getty Images

Des anciens représentants de l’État sont jugés et incarcérés pour leur rôle dans les violences pendant les manifestations . Une commission « vérité et dignité » est également mise sur pied pour traiter des crimes commis sous le précédent régime. <http://www.amnesty.be/local/cache-v...> Vote lors de la première élection présidentielle, Tunisie, octobre 2014. © FETHI BELAID/AFP/Getty Images

...et les mauvais

Malgré des avancées modestes , la situation demeure fragile. Des centaines de personnes ont été arrêtées après les attentats meurtriers revendiqués par le groupe armé se désignant sous le nom d’État islamique (EI). Beaucoup craignent que les autorités n’abusent des mesures d’urgence.

En juillet 2015, le gouvernement a adopté une loi antiterroriste draconienne qui permet de détenir des suspects sans inculpation, sans pouvoir contacter un avocat ni le monde extérieur, pendant 15 jours – ce qui augmente les risques de torture.

Nous avons assisté à quelques mois d’euphorie révolutionnaire... Mais cela n’a pas duré.

Lina Ben Mhenni, blogueuse tunisienne

La Tunisie après le « Printemps arabe » en chiffres

53 anciens responsables du gouvernement, policiers et autres jugés pour leur participation aux violences lors des manifestations du soulèvement

3,5 millions électeurs lors des élections parlementaires de 2014

Au moins 138 placements en résidence surveillée après les attentats imputables aux groupes armés en novembre 2015 (jusqu’au 10 décembre 2015)

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Voir en ligne : http://www.amnesty.be/je-veux-m-inf...

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