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Burkina Faso : Nous demandons le rétablissement immédiat des autorités de la Transition (interview)

23 septembre 2015
El hadj Abdoulaye Seck

L’interview a eu lieu le samedi 19 septembre 2015 à Matam avec le correspondant du Groupe Futurs Médias Aly Bandel Niang, peu après la manifestation que les élus locaux de la région de Matam au Sénégal et les membres d’Amnesty International Sénégal ont organisé pour exprimer leurs solidarités aux burkinabé

Journaliste : Comment appréciez-vous la situation au Burkina Faso, après le putch mené par le général Diendéré contre les autorités de la Transition au Burkina Faso ?

Seydi Gassama Nous voudrions encourager les médiateurs de la Cedeao dans leur position de fermeté en direction des putchistes qui sont en train de réprimer les manifestants, d’arrêter et d’emprisonner les anciens leaders de la Transition démocratique du Burkina Faso.

Nous disons non à la répression, nous demandons le respect des droits des burkinabé à manifester contre cette junte. Nous demandons le rétablissement immédiat du processus de transition démocratique pour la tenue des élections le 11 octobre afin que le Burkina revienne à une vie politique normale.

Il n’est pas question que l’armée vole aux burkinabé tous les acquis qu’ils ont construit depuis la révolution qui a fait quitter Blaise Compaoré du pouvoir.

La Cedeao, l’Union Africaine et les Nations Unies ne doivent pas l’accepter. Ces personnes doivent être isolées et contraints de quitter le pouvoir afin de permettre à la Transition de continuer rapidement vers de prochaines élections.

Les membres de la junte accusent les autorités de la transition du Burkina d’avoir exclu des membres du CDP des prochaines élections ?

C’est un gros mensonge. La junte s’est révoltée essentiellement parce que les forces vives de la Transition ont demandé à ce que la Régiment de la sécurité présidentielle qui est une garde prétorienne de Blaise Compaoré soit dissoute. Dissoudre une brigade ne signifie pas qu’on les exclut de l’armée mais qu’on les déploie dans d’autres unités de l’armée régulière.

Ils n’ont pas voulu leur dissolution parce que durant tout le règne de Blaise Compaoré, ils ont bénéficié de tous les privilèges et ont tout le temps semé la pagaille au Burkina Faso pour demander cela. C’est la raison pour laquelle ils se sont révoltés en prenant prétexte du fait que certains sont exclus du processus.

Je le dis et le répète, ce ne sont pas tous les gens du clan Compaoré et du CDP qui ont été exclus du processus. Seuls quelques caciques, ceux qui jusqu’au dernier moment n’ont pas voulu de la transition, ont été écartés et d’ailleurs le CDP était d’accord de remplacer ceux-là sur les listes électorales.

C’est donc un faux prétexte d’invoquer l’exclusion des gens du CDP. Le coup d’Etat est motivé uniquement par les intérêts égoistes de Gilbert Diendéré et de sa clique et l’Union Africaine doit tout faire pour les faire dégager afin que cela ne constitue pas un mauvais exemple pour les autres pays africains

Que pensez-vous de la médiation emtamée par les présidents du Sénégal Macky Sall et du Bénin Yayi Boni ?

Nous soutenons la démarche du Président Macky Sall. Nous avons lu son tweet dans lequel il était absolument ferme en disant qu’il fallait que les militaires se mettent derrière les civils de la transition. Nous le soutenons dans cette position et l’encourageons à rester ferme sur ce point pour que Michel Kafando et Cherif Sy puissent conduire la transition jusqu’aux prochaines élections.

Nous sommes aujourd’hui à Matam avec les élus locaux de la région pour transmettre nos messages aux burkinabé et aux médiateurs de la Cedeao. Ce qui se passe dans ce pays nous intéresse et c’est la raison pour laquelle nous manifestons pour montrer notre solidarité au peuple burkinabé

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