Categories

Accueil > Actualité > Liberté individuelle "Le non respect des obligations des Etats est source de (...)

Liberté individuelle "Le non respect des obligations des Etats est source de conflit en Afrique"

2 juin 2015
Mouhamadou Moustapha Diagne

Seydi Gassama Directeur Exécutif d’Amnesty International Sénégal a animé le vendredi 29 Mai 2015 une conférence à l’Université Dakar Bourguiba (UDB) sur le thème : « l’expression des droits et libertés au Sénégal : le rôle d’Amnesty International ». Cette rencontre marquant le démarrage des journées d’intégration de l’Université a été présidée par le professeur Sakhir Thiam président de l’UDB.

A 10h 30 les étudiants de différentes nationalités de l’Université ont fini de remplir la salle de conférence. Les mots de bienvenue de Monsieur Mouhamed Diakité Président de l’amicale, et de Monsieur Sakhir Thiam ont laissé place à la communication.

A l’entame de ses propos le conférencier a évoqué le fondement au Sénégal de l’exercice des droits et libertés. Occasion pour lui de rappeler qu’à côté des droits civils et politiques qui garantissent beaucoup de libertés aux citoyens, nous avons les droits économiques sociaux et culturelles. Sur la base du principe de l’indivisibilité des droits humains, Amnesty International veille au respect, par les Etats, de tous les droits et libertés garanties par les conventions internationale. Les Etats souligne-t-il ont l’obligation de les mettre en œuvre, de les respecter et de les faire respecter. Le manquement, par les Etats, à ces obligations est parfois source de conflits en Afrique et ailleurs. Les citoyens n’acceptent plus que les gouvernements confisquent leurs droits et libertés.

Dans le cadre de la mise en œuvre des droits et libertés, L’Etat doit certes incorporer les conventions internationales par lui ratifiées dans la législation nationale mais aussi mettre en place des mécanismes de promotion et de protection notamment un système judiciaire indépendant et suffisamment fort.

Selon lui, Il est heureux de constater la création par l’Etat du Sénégal d’un mécanisme comme l’Observateur National des Lieux de privation des Libertés (ONLPL) devenu une référence en Afrique francophone. Ce mécanisme protège les détenus. Il peut effectuer des visites inopinées dans les lieux de privation de liberté pour s’enquérir de la situation des personnes détenues.

En plus, si les années 1960-1970 ont été jalonnées de crimes, impunis, commis par des forces de défenses et de sécurité une rupture a été notée à partir de 2000. Si nous en sommes arrivés à ces résultats c’est grâce au vaste travail de sensibilisation et de dénonciation mené ces dernières années par Amnesty International Sénégal précise M Gassama.

Tout le travail d’Amnesty international s’inscrit dans cette dynamique qui consiste d’une part à sensibiliser les populations sur les droits humains et d’autre part à dénoncer toute forme de violation constatée. Ces violations, précise-t-il, sont non seulement le fait de l’Etat mais aussi des entreprises et parfois même des communautés.

M. Gassama a revisité avec les étudiants les questions les plus brulantes de l’actualité relatives aux droits humains notamment, la mendicité, la CREI, l’homosexualité, la peine de mort, l’exploitation minière et a précisé les positions de principe qui fondent les actions de sensibilisation et de dénonciation de l’organisation.

Sur la question de l’homosexualité il s’est voulu un peu plus clair. « Le jour où on nous prouvera que les homosexuels ne sont pas des êtres humains, nous cesseront de nous préoccuper de leurs droits et libertés. A notre connaissance, aucun texte religieux connu ne dit que les homosexuels ne sont pas des êtres humains. S’ils sont des pêcheurs, ils ne sont pas les seuls pêcheurs dont nous défendons les droits. Que dit la religion musulmane au sujet de l’adultère, de la fornication, etc. Personne dans ce pays ne demandent que ceux qui s’adonnent à l’adultère soit lapidés. Toutefois, nous ne réclamons pas pour eux le droit d’organiser des gay pride, comme en France ou ailleurs en Europe. Ils s’exposeraient non pas aux représailles de l’Etat mais des communautés. L’Etat ne peut pas mettre un policier à la disposition de chaque homosexuel pour le protéger… »

La présentation de M Gassama a été suivie d’un débat riche et enrichissant. La pertinence des questions et contributions des étudiants n’a pas manqué de séduire le conférencier du jour qui s’est félicité du bon niveau intellectuel des étudiants de l’UDB. Les réponses aux interpellations, le cocktail suivi de la photo de famille ont mis fin à cette rencontre. Une cinquantaine d’étudiants ont manifesté la volonté d’adhérer à l’organisation.

Un groupe Amnesty Université Dakar Bourguiba sera installé dans les prochains jours.

Partager