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Côte d’Ivoire : L’arrestation d’opposants à l’approche de la présidentielle envoie un signal préoccupant

7 mai 2015
El hadj Abdoulaye Seck

L’arrestation et la détention dans des prisons éloignées de trois membres de l’ancien
parti au pouvoir en Côte d’Ivoire, à cinq mois de l’élection présidentielle, portent
toutes les apparences d’une pression sur l’opposition politique, a déclaré Amnesty
International aujourd’hui.

Sébastien Dano Djedjé, Justin Koua et Hubert Oulaye, des cadres du Front populaire
ivoirien (FPI, opposition) ont été arrêtés lundi 4 mai par la police et placés en
détention provisoire le lendemain, moins d’une semaine après l’organisation au
centre-ouest d’Abidjan, d’une cérémonie d’investiture de Laurent Gbagbo, précédée
par des échauffourées entre certains membres du FPI et les forces de l’ordre. Une aile
du parti avait déjà investi Pascal Affi Nguessan, un autre cadre de la même formation
politique.

Sébastien Dano Djedjé et Justin Koua sont ainsi inculpés pour violation d’une
décision de justice, violence et voies de faits sur les forces de l’ordre, rébellion et
atteinte à l’ordre public, et Hubert Oulaye pour l’assassinat de militaires de
l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) dans l’ouest du pays en 2012.

« La proximité des élections présidentielles ne devrait pas justifier quelconque
pression sur des opposants politiques. Il faut l’ouverture d’une enquête indépendante
et impartiale pour faire la lumière sur les motifs et circonstances de leur arrestation,
et déterminer les responsabilités sur de possibles violations des droits humains, y
compris celles qui auraient été commises par les forces de l’ordre sur des membres
de leurs familles », a déclaré Alioune Tine directeur du bureau régional d’Amnesty
International pour l’Afrique occidentale et centrale.

« Leurs conditions de détention doivent respecter les normes internationales et ces
individus doivent bénéficier d’un procès équitable ».

Sébastien Dano Djedjé et Hubert Oulaye ont été arrêtés à Abidjan à leur domicile,
tandis que Justin Koua l’a été sur son lieu de travail au nord-est de la ville. Amnesty
International est préoccupée par les conditions de leurs arrestations. Selon les
informations recueillies par Amnesty International, une trentaine de membres des
forces de l’ordre auraient fait irruption tôt le matin du lundi 4 mai au domicile
d’Hubert Oulaye pour en défoncer la porte. Elles auraient tiré sa petite fille de 15 ans,
souffrant de paludisme, hors de son lit, lui auraient mis des menottes aux mains et
l’auraient battue pour qu’elle indique où se trouvait son grand-père. Elle est
actuellement en traitement à l’hôpital pour ses blessures.

Les trois opposants sont dans des lieux de détention différents. Selon les informations recueillies par Amnesty International, Hubert Oulaye est en détention préventive à la prison de Dabou située à 15 kilomètres d’Abidjan. Il est dans une cellule non ventilée alors qu’il souffre de diabète et de tension artérielle. Il n’a pas reçu les médicaments pour ses soins depuis son arrestation. Sébastien Dano Djedjé et Justin Koua sont détenus séparément dans des villes du centre du pays. Justin Koua a d’ailleurs été transféré dans un centre médical pour traitement pour des blessures non-spécifiées.

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