Categories

Accueil > Actualité > Communiqués de presse internationaux > Paraskevi Kokoni : déchirés par la haine

Paraskevi Kokoni : déchirés par la haine

3 décembre 2014
Amnesty International

Headline Title : Paraskevi Kokoni : déchirés par la haine 07 décembre 2014

Etoliko est une ville paisible de l’ouest de la Grèce dont le centre est situé sur une île, reliée au continent par un pont élancé qui dessert le plus vieux quartier rom de la ville.

Les Roms y ont côtoyé les autres habitants pendant des générations. Ils sont allés en classe avec eux, ont travaillé avec eux, ont tissé des liens d’amitié avec eux. Aujourd’hui, beaucoup de Roms n’osent pas traverser le pont pour se rendre dans le centre-ville, de peur d’être roués de coups.

Certains disent que tout a commencé avec la crise économique. Lorsque les difficultés financières de la Grèce se sont aggravées en 2010, le pays a connu une recrudescence de la peur et de la suspicion. Les agressions racistes et l’intolérance ont gagné du terrain sur l’ensemble du territoire. En juin 2012, Aube dorée, un parti néonazi, a recueilli près de 7 % des suffrages lors d’une élection nationale.

Conjugués, ces phénomènes ont chamboulé la vie des Roms d’Etoliko. Pour Paraskevi Kokoni , 35 ans, mère de sept enfants, c’était la fin du monde qu’elle avait connu.

En août 2012, des centaines de personnes, dont beaucoup avaient semble-t-il des liens avec Aube dorée, ont fait une descente dans leur quartier, jetant des cocktails Molotov sur les habitations roms. « Ils criaient qu’ils allaient tuer des gens », se souvient-elle.

La police n’a rien fait pour repousser la foule hostile. C’était la première d’une série d’attaques violentes contre les Roms d’Etoliko.

Frappés à coups de rondin de bois

En octobre 2012, Paraskevi était allée faire des courses dans le centre-ville d’Etoliko avec son fils et son neveu Kostas, 23 ans, lorsqu’ils sont tombés dans une embuscade tendue par un groupe d’habitants.

« Deux des hommes m’ont attaquée tandis que les autres rouaient Kostas de coups de poing et de pied, raconte-t-elle. J’appelais au secours mais personne ne venait. »

Elle s’est enfuie avec son fils et a couru au poste de police du quartier, mais l’agent qui était présent leur a dit qu’il avait trop peur pour intervenir. Plus tard, le mari de Paraskevi a retrouvé Kostas dans la rue, sans connaissance. Ses blessures et celles de Paraskevi ont nécessité leur hospitalisation.

Pendant que la maison était vide, des intrus y sont entrés par effraction. « Ils ont cassé les vitres. Ils ont cassé la vaisselle, explique-t-elle. Quand on est rentré, on n’a pas trouvé un seul verre pour boire de l’eau. Il n’y avait plus une seule assiette. Ils avaient tout cassé. »

Paraskevi a pris sa famille avec elle et a quitté Etoliko pour toujours. « La police ne nous a pas protégés, dénonce-t-elle. Nous avons déménagé à Patras. Nous avons quitté notre chez-nous. Mes enfants ne veulent pas retourner dans la maison. Ils ont peur. »

En novembre 2013, trois des hommes impliqués dans l’attaque ont été inculpés de coups et blessures graves. L’affaire est toujours en instance.

Quant à Paraskevi, elle vit aujourd’hui en location dans un appartement. Après avoir été propriétaire pendant des années, elle a du mal à payer son loyer. Elle a perdu sa maison, ses voisins, son quartier.

Avant, ils étaient voisins. Aujourd’hui, le racisme et la peur déchirent cette petite ville grecque tranquille. <http://amnesty.org/sites/impact.amn...> Media Node : Pariskevi Kokoni_fr Pariskevi Kokoni family_fr En un coup d’œil :

Écrivez une lettre, changez sa vie

Exhortez les autorités grecques à faire le nécessaire pour que les agresseurs de Paraskevi soient jugés sans délai et que leur condamnation, quelle que soit sa nature, reconnaisse le caractère raciste de l’attaque.

Formule d’appel : Monsieur le Ministre,

Adresse : Ministry of Justice, Transparency and Human Rights, 96 Mesogeion Avenue, 115 27 Athens, Grèce

Agissez en ligne Twitter Tag : WriteForRights Story Location : Grèce 37° 52’ 30.1764" N, 22° 3’ 39.7692" E “Deux des hommes m’ont attaquée tandis que les autres rouaient Kostas de coups de poing et de pied. J’appelais au secours mais personne ne venait.” Source : Paraskevi Kokoni URL : Grèce : Faites cesser les agressions racistes contre les Roms Description : Passez à l’action URL : Écrire pour les droits Description : Découvrez les autres cas de la campagne et passez à l’action !

Voir en ligne : http://amnesty.org/fr/news/pariskev...

Partager