Categories

Accueil > Education aux DH > Programme en Casamance > Paix en Casamance. Vouloir exclure les femmes du processus de paix en (...)

Paix en Casamance. Vouloir exclure les femmes du processus de paix en Casamance est inacceptable

11 avril 2014
El hadj Abdoulaye Seck

Amnesty International Sénégal a ouvert ce vendredi 11 avril 2014 à Kolda un séminaire de formation à l’intention des jeunes des Asc et groupements féminins sur la résolution pacifique des conflits pour une culture de la paix fondée sur les droits humains.

Cette manifestation entre dans le cadre du programme de sensibilisation pour la paix en Casamance initié depuis au moins trois années par Amnesty International dans le cadre de son partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer.

A l’ouverture, le préfet du département de Kolda a rappelé que la région subit les effets négatifs de la crise retardant le développement économique de la région. Il ne peut pas y avoir de développement sans paix et c’est la raison pour laquelle d’ailleurs, l’Etat a entrepris de réhabiliter la route nationale 6 et le pont de Kolda dans le cadre du programme Millenium Challenge Account (MCA).

Amnesty International a, par la voix du directeur Seydi Gassama justifié le choix de la cible jeunes par le fait qu’ils sont actifs au sein du mouvement navétane et par ailleurs acteurs directs du conflit des deux côtés de ceux qui combattent.

Il a noté que le manque d’une culture des droits humains est certainement une des causes génératrices de cette crise. Tout comme la méconnaissance des techniques de résolution pacifique des conflits a entrainé l’usage des armes.

Les activités autour du mouvement "navétanes" génère de plus en plus de violence, contrairement à sa finalité originale qui est d’être un puissant outil de mobilisation et d’entente cordiale. Cette violence peut prendre par ailleurs d’autres tournures notamment lorsqu’elle se déroule en zone de conflit.

Réagissant à la déclaration de César Atoute Badiate qui voudrait exclure les femmes du processus de paix notamment les membres de la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance (PFPC), Seydi Gassama a fait noter que cette annonce est inacceptable. La PFPC entreprend des initiatives considérables en matière de plaidoyer en Casamance, à Dakar et dans d’autres régions du Sénégal.

Il s’y ajoute que la résolution 1325 des Nations unies invite fortement les Etats à impliquer les femmes dans tout processus de résolution pacifique des conflits. Le gouvernement sénégalais ne devrait en aucun cas exclure les femmes du processus. Celles-ci sont actrices, victimes et mères des acteurs au conflit.

Amnesty International demande donc à Cesar Atoute Badiate de retirer ces déclarations et de soutenir sans relâche les efforts de paix coordonnés par la Plateforme des femmes ainsi que toute initiative allant dans ce sens

Amnesty International reste attaché au principe du respect des droits humains et poursuit le plaidoyer afin que les victimes civiles soient répertoriés et indemnisées pour le préjudice subit. Pour rappel, l’organisation a publié deux rapports sur la crise : "Terreur en Casamance" et "Paroles de femmes casamançaises"

Partager